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Kisangani
20 septembre 2026 - 08:15

Kisangani : quatre camions anti-incendie à la mairie, mais pourquoi la ville reste-t-elle vulnérable face au feu ? ( éditorial )

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L’incendie qui a ravagé l’intendance générale de l’Université de Kisangani dans la nuit du 11 au 12 septembre 2026 ne constitue pas seulement un nouveau sinistre à enregistrer dans les annales de la ville. Il remet surtout en lumière les faiblesses présumées du dispositif de prévention et de lutte contre les incendies à Kisangani.

Au lendemain de ce drame, une question revient avec insistance dans l’opinion: comment une ville qui disposerait de quatre véhicules anti-incendie peut-elle continuer à donner l’impression d’être aussi démunie lorsqu’un feu se déclare ? La question mérite d’être posée ouvertement aux lautorités urbaines, particulièrement à la mairie dirigée par le maire Delly Likunde Litawehe.

Quatre véhicules, mais quelle capacité opérationnelle ?

Sur le papier, disposer de quatre véhicules anti-incendie devrait constituer un atout considérable pour une agglomération comme Kisangani. Mais dans la lutte contre les incendies, le nombre de véhicules ne suffit pas. Encore faut-il que ces engins soient fonctionnels, régulièrement entretenus, correctement équipés et mobilisables à tout moment, notamment pendant la nuit.

Il faut également des équipes suffisamment nombreuses et formées pour les utiliser efficacement. C’est précisément sur ce point que les interrogations deviennent nombreuses.

Lorsqu’un incendie éclate, la population ne demande pas à voir des véhicules comptabilisés dans les inventaires administratifs.

Elle attend une intervention rapide et professionnelle. Un camion anti-incendie immobilisé, mal entretenu ou privé d’un équipage qualifié ne protège personne. Des intervenants suffisamment formés ? L’autre grande question concerne les ressources humaines.

À Kisangani, des critiques récurrentes portent sur le niveau de formation des personnes appelées à intervenir lors des incendies. Certains observateurs dénoncent le recours à des agents dont la formation spécialisée en matière de lutte contre le feu serait insuffisante.

 

Si cette situation est confirmée, elle appelle une réponse urgente des autorités. Car combattre un incendie n’est pas une opération improvisée.

Un feu d’origine électrique, un feu de carburant ou un feu impliquant d’autres matières inflammables ne présentent pas les mêmes risques et ne nécessitent pas nécessairement les mêmes moyens d’extinction.

Le réflexe consistant à arroser systématiquement tout incendie avec de l’eau peut lui-même devenir dangereux selon la nature du sinistre. La formation des intervenants est donc aussi importante que les véhicules qu’ils utilisent.

 

La protection civile face à ses responsabilités

 

L’incendie de l’Université de Kisangani pose ainsi la question de l’organisation globale de la protection civile à Kisangani. Existe-t-il un véritable plan municipal de lutte contre les incendies ? Les équipes disposent-elles d’une formation régulière ?

Les quatre véhicules anti-incendie sont-ils tous opérationnels ? La mairie dispose-t-elle d’un système d’astreinte permettant une intervention immédiate 24 heures sur 24 ? Les extincteurs et autres équipements sont-ils adaptés aux différents risques ? Et surtout, qui répond de l’efficacité du dispositif lorsque la population appelle au secours ? Autant de questions auxquelles la mairie devrait pouvoir répondre de manière claire et documentée.

Delly Likunde interpellé

À la tête de l’administration urbaine, le maire Delly Likunde se retrouve naturellement au centre de ces interrogations. Il ne s’agit pas de lui attribuer automatiquement la responsabilité de chaque incendie enregistré dans la ville. Il s’agit plutôt de demander à l’autorité municipale de rendre compte de l’état réel du dispositif placé sous sa responsabilité.

La population de Kisangani mérite de savoir ce qui est fait pour prévenir les incendies et, surtout, pour y répondre efficacement lorsqu’ils surviennent.

Quatre véhicules anti-incendie ne devraient pas être un simple chiffre à afficher. Ils doivent être un véritable outil de protection de la population.

L’unikis, un signal d’alarme, le sinistre de l’intendance générale de l’Unikis doit finalement servir d’électrochoc.

Kisangani connaît une croissance urbaine importante, avec des marchés, des établissements scolaires et universitaires, des dépôts, des stations-service, des commerces et des quartiers densément peuplés. Les risques d’incendie existent donc bel et bien.

Attendre chaque fois qu’un bâtiment parte en fumée pour improviser une intervention n’est plus acceptable.

La ville a besoin d’un service de lutte contre les incendies professionnel, formé, équipé et opérationnel, capable d’intervenir rapidement et de manière adaptée à chaque type de sinistre.

La mairie doit également renforcer la prévention : contrôle des installations électriques à risque, sensibilisation de la population, multiplication des points d’eau accessibles, disponibilité d’extincteurs adaptés et organisation régulière d’exercices de simulation.

Le prochain incendie ne doit pas surprendre Kisangani

L’incendie de l’unikis pose finalement une question simple mais lourde de conséquences : Kisangani dispose-t-elle réellement d’un service anti-incendie capable de protéger ses habitants, ou dispose-t-elle seulement de moyens dont l’efficacité reste à démontrer ?

La balle est désormais dans le camp des autorités urbaines. La population attend des explications, mais surtout des actes. Car, lorsque les flammes commencent à dévorer un bâtiment, il est trop tard pour chercher des pompiers formés, vérifier l’état d’un camion ou se demander quel extincteur utiliser.

La prévention et la préparation doivent commencer avant l’incendie. Et après le sinistre de l’unikis, Kisangani ne peut plus se permettre de faire comme si elle était suffisamment préparée.

Sébastien Mulamba Mayombo

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