La Société textile de Kisangani (Sotexki) revient au centre de l’actualité politique et économique dans la Tshopo. Alors que son redémarrage continue de susciter attentes, interrogations et prises de position parmi les élus nationaux de Kisangani, une nouvelle dynamique semble se dessiner autour du dossier avec le rapprochement entre le député national Théoveul Lotika et le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba
Désormais, le mot d’ordre semble être celui d’un « Pacte pour la Sotexki», avec pour ambition de baliser une voie permettant de sortir cette entreprise emblématique de l’impasse dans laquelle elle se trouve depuis plusieurs années.
La question n’est pourtant pas nouvelle. La Sotexki, créée en 1974, demeure un symbole industriel majeur de Kisangani. Son arrêt prolongé a progressivement transformé la relance de l’entreprise en un enjeu économique, social et politique.
En 2025, plusieurs responsables avaient déjà appelé à une reprise effective de ses activités, tandis que les autorités provinciales insistaient sur son potentiel en matière d’emploi et de transformation du coton.
Mais en 2026, le dossier a pris une nouvelle dimension à l’Assemblée nationale. Le député Théoveul Lotika avait porté la question devant le gouvernement à travers une question orale avec débat.
Les discussions ont notamment porté sur l’utilisation des fonds destinés à la relance de l’entreprise et sur la nécessité de clarifier leur affectation. Le ministre de l’Industrie Justin Kalumba Mwana Ngongo avait, de son côté, présenté les éléments disponibles sur l’utilisation de la première tranche du financement et marqué son accord sur le principe d’une commission d’enquête. C’est dans ce contexte que la nouvelle séquence Lotika-Kalumba prend une résonance particulière.
Au-delà des camps, le dossier Sotexki
À Kisangani, la relance de la Sotexki fait désormais couler beaucoup d’encre et alimente les discussions dans les milieux politiques comme parmi les sympathisants des différents camps.
Les prises de position des députés nationaux élus de Kisangani sont parfois perçues à travers le prisme des appartenances politiques et des rivalités locales.
Pourtant, derrière cette bataille de communication, une question demeure centrale : comment faire effectivement redémarrer la Sotexki et garantir que les ressources mobilisées produisent des résultats visibles ?
C’est précisément sur ce terrain que le concept de « Pacte pour la Sotexki » pourrait prendre tout son sens : dépasser les accusations croisées, documenter les difficultés, clarifier les responsabilités et rechercher les mécanismes permettant à l’entreprise de retrouver une activité industrielle durable.
Cette approche intervient alors que les besoins de modernisation restent considérables. La vétusté des équipements, les difficultés de fonctionnement et la concurrence des produits textiles importés figurent parmi les facteurs régulièrement évoqués pour expliquer le déclin de l’entreprise.
Une entreprise au-delà des querelles politiques
Pour de nombreux habitants de Kisangani, la Sotexki représente pas seulement une usine. Elle renvoie à une époque où l’industrie contribuait directement à l’activité économique et à l’emploi dans la ville.
Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a lui-même présenté la relance de cette entreprise comme un enjeu pour l’économie provinciale, la transformation locale du coton et la création d’emplois.
Dès lors, le débat actuel pose une question qui dépasse les personnes : la Sotexki doit-elle rester un sujet de confrontation politique ou devenir un projet collectif autour duquel les différents élus de Kisangani peuvent converger ?
Le « Pacte pour la Sotexki » annoncé dans la nouvelle dynamique entre Lotika et le ministère de l’Industrie pourrait justement constituer un test de cette capacité à privilégier les résultats.
De la polémique aux actes
Le principal défi reste désormais la matérialisation. Car depuis plusieurs années, les annonces de relance se succèdent sans que les populations de Kisangani ne voient encore le retour durable de la production à son niveau attendu.
En 2022 déjà, le gouvernement avait présenté un plan de relance nécessitant plusieurs millions de dollars d’investissements.
En avril 2026, l’Assemblée nationale a de nouveau placé le dossier sous les projecteurs, avec des demandes de clarification sur les financements et l’utilisation des fonds.
La nouvelle étape devra donc être jugée moins sur les déclarations que sur les résultats : machines opérationnelles, production effective, emplois préservés ou créés, approvisionnement en matières premières, débouchés commerciaux et gouvernance transparente. À Kisangani, la population attend surtout de voir les portes de la Sotexki rouvrir sur une véritable production industrielle.
Le débat politique continuera sans doute.
Mais pour les travailleurs, les opérateurs économiques et les habitants de la Tshopo, l’enjeu dépasse désormais les querelles de camps : la Sotexki doit-elle enfin passer du discours de relance à la réalité industrielle ?
C’est probablement là que se jouera la véritable portée du « Pacte pour la SOTEXKI »

