Le Dialogue national annoncé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo continue de susciter le débat au sein de la classe politique congolaise. Invité de l’émission « Dialogue entre Congolais » de Radio Okapi, le député national Patrick Matata Makalamba, élu de Kisangani et cadre de l’UDPS/Tshisekedi, a défendu l’initiative présidentielle, avec un accent particulier sur l’implication des provinces.
Pour lui, le processus doit partir des réalités locales avant de remonter vers le niveau national. « Il faut partir de la base », résume-t-il, en défendant une approche « bottom-up ».
Les 26 provinces au cœur du processus
Dans son adresse à la Nation du 27 août 2026, Félix Tshisekedi a placé le Dialogue sous le signe de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État.
Le schéma annoncé prévoit des consultations dans les 26 provinces, dont les conclusions seront ensuite consolidées lors des assises nationales à Kinshasa.
Patrick Matata considère cette méthode comme une occasion d’intégrer les préoccupations des populations et les réalités locales dans la réflexion nationale.
Un processus ouvert aux forces vives
L’élu de Kisangani plaide également pour une participation large : majorité et opposition, élus, autorités provinciales et coutumières, société civile, confessions religieuses, jeunesse, personnes vivant avec handicap, universitaires, scientifiques et acteurs économiques.
Il défend ainsi un dialogue participatif, capable de faire remonter les préoccupations de la base tout en réunissant les différentes composantes de la société.
« Un dialogue entre Congolais »
Patrick Matata insiste aussi sur la souveraineté du processus. Les Congolais doivent, selon lui, pouvoir débattre des problèmes internes du pays et rechercher leurs propres solutions.
Il distingue cette démarche des mécanismes de Doha et de Washington consacrés aux dimensions sécuritaires et diplomatiques de la crise congolaise.
Pas de remise en cause des institutions
Autre ligne rouge pour le député : le Dialogue ne doit pas se transformer en mécanisme de redistribution du pouvoir.
Les institutions issues des urnes doivent, selon lui, rester en place.
Les assises doivent plutôt permettre de dégager des solutions susceptibles de consolider l’État et de renforcer son fonctionnement.
L’opposition maintient ses réserves
La Coalition Article 64 (C64) rejette, pour sa part, le format annoncé, estimant qu’il ne garantit pas un dialogue suffisamment inclusif. Elle souhaite notamment que les questions liées à la guerre, à l’insécurité et à la crise sociale soient pleinement prises en compte.
La coalition exprime également des inquiétudes concernant une éventuelle modification de la Constitution susceptible, selon elle, de prolonger le pouvoir présidentiel au-delà de 2028. Une crainte qui relève de son appréciation politique et qui n’a pas été annoncée comme un objectif du Dialogue par le Chef de l’État.
« Éviter les procès d’intention »
Face aux critiques, Patrick Matata appelle à attendre les textes devant encadrer le processus.
Félix Tshisekedi a annoncé la création d’un Comité d’organisation ainsi que des instruments devant préciser les étapes, la représentation des participants et les mécanismes de suivi.
Pour l’élu de Kisangani, ces textes permettront de juger concrètement la portée du Dialogue.
En attendant, il défend un cap clair : partir des 26 provinces, associer les forces vives et consolider l’État dans le respect des institutions issues des urnes.
SEMUL

