La menace du virus Ebola continue de susciter de vives inquiétudes dans la province de la Tshopo.
À l’issue d’une visite effectuée sur le site destiné à accueillir les malades et les cas suspects, un constat préoccupant se dégage: la riposte repose essentiellement sur les efforts des partenaires, tandis que l’implication de l’État congolais peine encore à se faire sentir sur le terrain.
Cette descente avait pour objectif de vérifier le niveau de préparation des structures mises en place afin de faire face à une éventuelle propagation de la maladie.
Sur place, les infrastructures aménagées par Médecins Sans Frontières (MSF), la formation du personnel de santé et la disponibilité de certains équipements témoignent de l’engagement des partenaires dans la lutte contre cette épidémie.
Cependant, plusieurs faiblesses majeures ont été relevées. La plus alarmante concerne le poste de contrôle d’Avakubi, situé à la frontière entre la Tshopo et l’Ituri, considéré comme l’un des principaux points d’entrée vers Kisangani.
Le dispositif de surveillance y est jugé largement insuffisant, avec un manque criant de matériel approprié et l’absence de personnel qualifié pour assurer un contrôle sanitaire efficace.
« Cette situation expose dangereusement la ville de Kisangani à un risque de propagation du virus », a-t-il été déploré à l’issue de la visite.
Autre préoccupation majeure: le sort réservé aux professionnels de santé engagés dans la riposte. Alors que ces hommes et ces femmes constituent le premier rempart contre Ebola, les modalités de leur prise en charge demeurent encore floues.
Une situation jugée inacceptable au regard des risques auxquels ils sont quotidiennement exposés.
Face à ces insuffisances, un plaidoyer sera adressé au ministère de la Santé afin que des mesures urgentes soient prises pour renforcer la surveillance aux points d’entrée stratégiques et garantir un accompagnement adéquat du personnel médical mobilisé.
Malgré ce tableau contrasté, une note d’espoir demeure. À ce jour, aucun cas testé positif au virus Ebola n’a été enregistré à l’Hôpital du Cinquantenaire de Kisangani, un indicateur encourageant dans le contexte actuel.
Tout en tirant la sonnette d’alarme sur les faiblesses observées, des hommages ont été rendus au Dr Omba, à l’ensemble du corps soignant ainsi qu’aux équipes de Médecins Sans Frontières pour leur professionnalisme et leur engagement dans la protection de la population.
Alors que la vigilance reste de mise, plusieurs observateurs estiment que la réussite de la riposte dépendra désormais de l’implication effective du gouvernement, appelé à assumer pleinement ses responsabilités aux côtés des partenaires déjà mobilisés sur le terrain.
Rédaction

