La seizième édition du Festival Ngoma s’ouvre à Kisangani dans un contexte particulier. Alors que cette grande rencontre dédiée aux arts de la scène entend réunir plusieurs compagnies autour de la création et des échanges culturels, aucune compagnie en provenance de l’Est de la République démocratique du Congo ne participera à cette édition.
Cette absence concerne notamment les villes de Goma, Bukavu et Bunia, qui ne figurent pas dans la programmation annoncée par les organisateurs. À cela s’ajoute l’absence de Bujumbura, au Burundi.
Lors du point de presse de lancement du Festival Ngoma 16 à Kisangani, Ma Gloire Bolunda, coordonnateur du Théâtre Amazoulous et du Centre de Création, d’Échanges et de Montage des Spectacles (TACCEMS), a expliqué que cette situation est liée principalement aux contraintes sécuritaires et sanitaires qui affectent l’Est du pays.
Selon lui, l’insécurité persistante dans cette partie de la RDC, combinée à la situation sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola, a rendu difficile la participation des compagnies de cette région.
Une situation qui se répète
L’absence des compagnies de l’Est n’est pas une première pour le Festival Ngoma. Déjà lors de la quinzième édition, l’insécurité qui prévalait notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu avait empêché plusieurs compagnies de cette partie du pays de rejoindre Kisangani.
Pour cette nouvelle édition, les mêmes contraintes continuent donc de peser sur la participation des artistes venus de cette partie du territoire national.
Cette situation illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs culturels lorsque les conditions sécuritaires et sanitaires limitent les déplacements et les rencontres artistiques entre différentes régions du pays.
Kinshasa, Kongo Central et Brazzaville au rendez-vous
Malgré cette absence, les organisateurs assurent que le Festival Ngoma 16 maintient son ambition de favoriser les rencontres entre artistes et professionnels des arts de la scène.
Pour compenser l’absence des compagnies de l’Est et de Bujumbura, la programmation prévoit notamment la participation de compagnies venues de Kinshasa, du Kongo Central, de Brazzaville et de Kisangani.
Le festival entend ainsi préserver son caractère d’espace de création, d’échanges et de découverte, en réunissant à Kisangani des artistes issus de différents horizons.
Le dispositif sanitaire renforcé
La question sanitaire figure également parmi les préoccupations des organisateurs. Au cours du point de presse, Ma Gloire Bolunda a indiqué que des dispositions avaient été prises afin de limiter les risques de propagation des maladies durant les activités.
Des dispositifs de lavage des mains, du gel hydroalcoolique ainsi que des mesures de distanciation sociale sont prévus dans le cadre du festival.
Ces précautions interviennent alors que l’épidémie d’Ebola signalée dans l’Est de la RDC constitue, selon les organisateurs, l’un des éléments ayant pesé sur la participation des compagnies de cette partie du pays.
La culture face aux contraintes du contexte national
Avec cette seizième édition, le Festival Ngoma se retrouve ainsi au croisement des réalités sécuritaires, sanitaires et culturelles du pays.
L’absence des compagnies de Goma, Bukavu et Bunia prive cette édition d’une partie de la diversité artistique habituellement recherchée à travers les échanges entre les différentes régions de la RDC.
Mais les organisateurs entendent maintenir le rendez-vous à Kisangani avec les compagnies retenues venues d’autres provinces et de Brazzaville.
Le Festival Ngoma 16 s’inscrit donc dans un contexte où la scène culturelle congolaise reste directement confrontée aux conséquences des crises qui affectent la mobilité des artistes et la tenue des rencontres culturelles à l’échelle nationale.
SEMUL

