Une question, une seule réalisation : le philanthrope Guy Ramy Lonia interpelle sur le bilan du maire de Kisangani, Delly Likunde. Sans nier les opérations d’assainissement ou de lutte contre les constructions anarchiques, il demande qu’une réalisation durable et directement identifiable soit mise en avant.
Le débat sur la gestion de la ville de Kisangani se déplace sur le terrain du bilan. Dans une prise de position publique, le philanthrope et acteur du développement Guy Ramy Lonia demande aux habitants de citer « une seule réalisation concrète » du maire Delly Likunde depuis son entrée en fonction.
« Quelqu’un peut me citer une seule réalisation concrète de notre maire de la ville, Likunde, depuis qu’il est en fonction ? Je ne demande pas deux réalisations. Une seule », écrit-il.
Une interpellation volontairement provocatrice dans sa formulation, mais qui pose une question de fond : au-delà des opérations administratives et des interventions ponctuelles, quelles réalisations peuvent aujourd’hui être présentées comme des acquis durables de la gestion municipale ?
Des opérations visibles, mais une question sur les réalisations durables
Depuis son arrivée à la tête de la mairie, Delly Likunde a notamment fait de l’assainissement l’un des axes visibles de son action. Des opérations d’évacuation des immondices, de curage des caniveaux et de nettoyage de certains axes ont été organisées dans différents quartiers de Kisangani.
En 2025, la mairie avait également annoncé plusieurs mesures liées à la salubrité, dont l’installation de poubelles publiques et le renforcement du dispositif de collecte des déchets.
Ces actions constituent des interventions municipales documentées. Mais Guy Ramy Lonia pose une autre question : quelles sont celles qui peuvent être considérées comme des réalisations structurantes et facilement identifiables par la population ?
Les démolitions au centre des critiques
L’autre volet particulièrement visible de l’action municipale concerne la lutte contre les constructions qualifiées d’anarchiques par les autorités urbaines.
La mairie justifie ces opérations par la nécessité de libérer certaines emprises, de préserver les voies publiques et de mieux organiser l’espace urbain.
Pour ses détracteurs, toutefois, les démolitions ne sauraient constituer à elles seules un indicateur suffisant du bilan d’une administration municipale.
C’est précisément sur ce point que l’interpellation de Guy Ramy Lonia prend une dimension politique et citoyenne : démolir, assainir ou faire respecter certaines règles relève-t-il du fonctionnement normal d’une mairie, ou faut-il également mesurer l’action municipale à travers des infrastructures nouvelles et durables ?
Voirie, déchets, marchés : les attentes restent nombreuses
À Kisangani, les attentes de la population dépassent largement la seule question des constructions anarchiques.
L’état de la voirie, la gestion des déchets, l’éclairage public, les marchés, les caniveaux et l’entretien des espaces publics figurent parmi les préoccupations régulièrement soulevées dans le débat local.
Des projets ont été évoqués par les autorités municipales et certains partenaires. Mais entre une annonce, une opération ponctuelle et une infrastructure effectivement achevée, la différence reste importante dans l’appréciation d’un bilan.
C’est pourquoi la question de Guy Ramy Lonia peut être reformulée de manière plus factuelle : quelles infrastructures ou réalisations municipales achevées depuis l’entrée en fonction de Delly Likunde peuvent être clairement identifiées, localisées et évaluées par les habitants de Kisangani ?
Une interpellation qui appelle des réponses
L’intérêt de cette sortie ne réside donc pas uniquement dans la critique adressée au maire. Elle invite surtout l’Hôtel de ville à documenter son bilan.
Une liste précise des réalisations, avec leurs dates, leurs coûts, leurs localisations et leur niveau d’exécution permettrait de dépasser les perceptions et les polémiques.
Guy Ramy Lonia, de son côté, ne demande pas une longue liste. Il réduit volontairement la question à une seule réalisation.
Une seule réalisation concrète, visible et vérifiable.
À l’Hôtel de ville comme dans l’opinion publique, cette interpellation pourrait ainsi ouvrir un débat plus utile sur les critères permettant d’évaluer objectivement l’action municipale à Kisangani.
SEMUL

