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Kisangani
25 août 2026 - 16:52

Assemblée Nationale: l’honorable Patrick Matata plaide pour des réformes dans entreprises publiques adaptées aux réalités congolaises

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À l’Assemblée nationale, le débat sur la gouvernance économique en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus critique.

Derrière l’examen d’une proposition de loi visant à réorganiser les entreprises du portefeuille de l’État, c’est toute la pertinence du modèle actuel qui est remise en question.

Au cœur de cette réflexion, l’intervention de l’honorable Patrick Matata Makalamba a marqué les esprits par sa profondeur et sa portée.

L’élu de Kisangani n’a pas simplement analysé le texte en discussion. Il a soulevé une problématique plus structurelle: l’essoufflement d’un système de gestion des entreprises publiques qui peine à produire des résultats concrets. Pour lui, la réforme envisagée, bien que nécessaire, reste insuffisante, car elle ne s’attaque pas aux fondements mêmes des dysfonctionnements observés.

Au centre de son argumentaire figure une interrogation essentielle: quel est réellement le rôle de l’État dans l’économie congolaise ? Cette question, selon lui, conditionne toute tentative de réforme.

Sans une vision claire et assumée de l’actionnariat public, les efforts de modernisation risquent de se limiter à des ajustements superficiels, sans impact durable.

S’appuyant notamment sur des analyses d’institutions internationales comme la Banque mondiale, Patrick Matata Makalamba plaide pour une redéfinition stratégique des objectifs assignés aux entreprises publiques. Il estime que celles-ci ne peuvent continuer à évoluer dans un flou où les missions sont mal définies et les résultats rarement évalués.

Cette absence de culture de performance constitue, à ses yeux, l’un des principaux freins à leur efficacité. Dans un environnement où les indicateurs de résultats sont inexistants ou peu contraignants, les entreprises publiques peinent à jouer leur rôle de moteur de croissance.

L’introduction de mécanismes clairs d’évaluation apparaît ainsi comme une exigence incontournable pour rompre avec l’inefficacité chronique.

Mais au-delà des aspects techniques, c’est la question de la gouvernance qui se révèle centrale. Le député dénonce avec fermeté l’ingérence politique persistante dans la gestion des entreprises publiques.

Cette immixtion, loin de renforcer le contrôle de l’État, contribue plutôt à affaiblir ces structures, en brouillant les responsabilités et en freinant les prises de décision.

Face à ce constat, Patrick Matata Makalamba appelle à une séparation nette entre le pouvoir politique et la gestion opérationnelle. Une telle évolution impliquerait un changement de paradigme: considérer les entreprises publiques comme de véritables entités économiques, soumises à des exigences de performance, de transparence et de redevabilité.

Dans la même dynamique, il a élargi sa réflexion à la production législative en République démocratique du Congo. Il a insisté sur la manière d’élaborer des lois adaptées aux réalités congolaises, mettant en garde contre l’importation de modèles juridiques déconnectés du contexte congolais.

Pour lui, une loi efficace doit être ancrée dans les réalités sociales, culturelles et économiques du pays.

Cette approche pragmatique du rôle du Parlement vise à restaurer la crédibilité de l’action publique.

Des lois inadaptées ou difficilement applicables risquent, selon lui, d’alimenter la défiance des citoyens envers les institutions.

Malgré ses critiques, l’élu n’a pas adopté une posture de rejet. En appelant à voter la recevabilité des textes, il a proposé une méthode constructive : enrichir les projets de loi à travers le débat, les amendements et l’adaptation aux réalités du terrain.

Une démarche qui pourrait transformer l’Assemblée nationale en véritable laboratoire de politiques publiques efficaces.

Au-delà du cadre strict du débat en cours, l’intervention de Patrick Matata Makalamba pose une question fondamentale: la RDC est-elle prête à rompre avec les pratiques qui entravent la performance de son secteur public ? Entre volonté affichée de réforme et résistances structurelles profondément enracinées, le chantier reste immense.

Dans ce contexte, le défi n’est pas seulement de réformer, mais de transformer en profondeur la manière dont l’État conçoit, encadre et pilote ses entreprises.

Une ambition qui exige à la fois courage politique, vision stratégique et engagement durable.

Rédaction

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