Par Gaston Bilambo de la RTBI
La cité d’Isangi centre a connu, ce lundi 12 janvier 2026, une forte mobilisation des enseignants de la province éducationnelle Tshopo 2, en colère contre le non-paiement de leurs salaires pour les mois d’octobre et décembre 2025. Cette situation a provoqué une paralysie quasi totale des écoles publiques de la zone.
Rassemblés par centaines devant les installations de la Caritas Isangi, les enseignants ont entonné des chants revendicatifs et allumé un feu symbolique en signe de protestation. À travers une lettre adressée à l’administrateur du territoire, ils accusent directement la Caritas, gestionnaire de la paie dans la région, d’être à l’origine de ce blocage injustifié.
« Trop, c’est trop. Nous réclamons nos droits, nous avons des familles à nourrir ! », a lancé un des manifestants, dénonçant la précarité que traverse le corps enseignant dans cette partie du pays.
Le mouvement de grève annoncé pour une durée de trois jours impacte lourdement le calendrier scolaire. La majorité des écoles primaires et secondaires publiques d’Isangi sont restées fermées, laissant des centaines d’élèves sans cours.
Contactée par le Journal École, la Caritas Isangi, par la voix de l’abbé Célestin Osandu, membre de son conseil d’administration, rejette toute responsabilité, évoquant un malentendu lié au manque de communication autour du processus de décaissement.
« Il n’est pas exact que nous bloquions les salaires. Il y a un circuit clair et des responsabilités partagées. Nous demandons aux enseignants de ne pas céder à la manipulation », a-t-il déclaré.
Cette crise met en lumière les failles persistantes du système de paie des enseignants, notamment dans les zones enclavées, où la méfiance envers les structures intermédiaires reste forte.
En attendant un dénouement, les élèves d’Isangi restent privés d’éducation, et les enseignants promettent d’intensifier la mobilisation si une solution n’est pas rapidement trouvée.

