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23 mai 2026 - 19:58

Tshopo/RN4: axe stratégique devenu piège mortel pour les voyageurs, le Gouv’ Paulin Lendongolia condamne une attaque lâche et barbare.

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La Route nationale n°4 (RN4), artère vitale reliant la Tshopo à l’Ituri, est en train de perdre sa vocation première: celle de faciliter les échanges et la mobilité des populations.

À la place, elle s’impose désormais comme un corridor de peur, où chaque trajet peut basculer dans le drame.

La récente attaque visant un bus de transport en commun, survenue entre PK55 et PK60, en est une illustration tragique de plus.

Selon le communiqué officiel du gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, des hommes armés ont ouvert le feu sur des civils à bord du bus DISSA, causant plusieurs blessés et laissant des passagers portés disparus.

Une attaque qualifiée de « lâche et barbare », qui a immédiatement suscité indignation et inquiétude au sein de la population.

Une route stratégique sous menace permanente

La RN4 n’est pas une route comme les autres. Elle constitue un axe économique majeur pour l’Est de la République démocratique du Congo, reliant des zones de production, de commerce et d’approvisionnement.

Pourtant, malgré son importance, ce tronçon est depuis longtemps réputé pour son insécurité chronique.

Les attaques contre les voyageurs, les embuscades et les actes de banditisme armé s’y multiplient, souvent dans une relative impunité.

Pour les usagers, emprunter cette route relève désormais d’un pari risqué, où la peur accompagne chaque kilomètre parcouru.

Des condamnations qui peinent à rassurer

Face à cette nouvelle tragédie, les autorités provinciales ont exprimé leur ferme condamnation et assuré que des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs. Le gouverneur a également promis un renforcement des dispositifs sécuritaires et appelé à la vigilance citoyenne.

Mais ces déclarations, bien que nécessaires, peinent à convaincre une population habituée à entendre les mêmes promesses après chaque attaque.

Sur le terrain, nombreux sont ceux qui dénoncent un manque criant de présence sécuritaire, notamment sur les tronçons les plus exposés.

Une population livrée à elle-même ?

La répétition de ces incidents alimente un sentiment d’abandon chez les habitants et les usagers de la RN4.

Transporteurs, commerçants et simples voyageurs expriment leur ras-le-bol face à une situation qui semble échapper au contrôle des autorités.

L’appel à la collaboration avec les services de sécurité, souvent réitéré, apparaît insuffisant face à des groupes armés organisés et déterminés.

Sans une stratégie claire, coordonnée et durable, la peur risque de continuer à dicter le quotidien des populations.

L’urgence d’un sursaut sécuritaire

Au-delà de l’émotion suscitée par cette attaque, c’est toute la question de la sécurisation des axes routiers qui est posée. La RN4, en tant qu’axe stratégique, devrait bénéficier d’un dispositif renforcé et permanent, capable de prévenir les attaques plutôt que d’y réagir après coup.

Patrouilles régulières, postes de contrôle opérationnels, coopération entre forces de défense et communautés locales: les solutions existent, mais leur mise en œuvre reste attendue.

Un symbole inquiétant

L’attaque du bus DISSA dépasse le cadre d’un simple fait divers. Elle symbolise une dérive inquiétante où les infrastructures censées relier et développer deviennent des zones de danger. Si rien n’est fait pour inverser cette tendance, la RN4 risque de s’enliser durablement dans une réputation de « route de la peur ».

Dans une province en quête de stabilité et de développement, la sécurisation de cet axe n’est plus une option, mais une nécessité absolue. Car derrière chaque attaque, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées et une confiance collective qui s’effrite un peu plus.

Sébastien Mulamba Mayombo

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